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La seconde différence est celle de la connaissance préalable: La scène du bal est plus exactement une scène de reconnaissance. Que M. La reconnaissance par la princesse de M. Il alla ensuite chez les reines. Les deux rencontres physiques sont alors deux processus fort différents.

Autres Niveaux

Dans le premier cas, M. Dans le second cas, Mme de Clèves et M. Parmi un ensemble déterminé, M. Le portrait de M.

La Princesse de Clèves, la scène de bal

Aucune qualité matérielle pour le duc de Nemours: Ainsi portraituré pour la princesse de Clèves par la rumeur publique, le duc de Nemours ne saurait exister. Pour le dire autrement, le réel excède les mots. En reconnaissant monsieur de Nemours en monsieur de Nemours, la Princesse procède aussi à une méconnaissance: La scène serait ainsi assez complexe si à la rencontre-reconnaissance ne se joignait pas une réflexion, provoquée par la discussion avec le roi et les reines.

Cette prise de conscience est une aliénation: Cette scission de la substance simple du sujet affecte diversement les deux personnages. Nemours est par excellence le personnage qui comble le manque à être entre son être propre et son être pour les autres: Or, cette analyse psychologique de la princesse par elle-même, qui se distingue donc de la description de la princesse par le narrateur, se fait sous le regard intériorisé du duc de Nemours qui fonde la scission de la substance simple:.

Quand elle pensait encore que M. Il y a ici deux choses remarquables. Cependant il est vrai que je ne le suis pas.

Mme de La Fayette

Le lecteur pour sa part ne doute pas que M. Cette petite différence doit être expliquée: Il faut donc que ce soit par le discours des autres que ce processus agisse, de sorte que la quatrième étape de la scission se replie sur la deuxième. Dans la mesure où elle prend conscience, grâce à la discussion avec le roi et les reines, que la réaction de M. Ces complications laissent voir combien la rencontre-reconnaissance est loin de favoriser la rencontre effective.

Elle reproduit et altère la scène de rencontre avec M. En cela précisément, le désir de Mme de Clèves est finalement satisfait: Le coup de foudre naît de leur reconnaissance mutuelle alors qu'ils ne s'étaient encore jamais vus. Les instances royales-mêmes remarquent cette union hors du commun: D'ailleurs Madame la Dauphine les convoque aussitôt la danse terminée pour leur faire dire qu'ils se sont reconnus sans s'être vus: Pour cette première rencontre, on l'aura bien compris, les deux protagonistes sont les héros de ce bal.

Ils sont magnifiés et toute cette soirée tourne autour d'eux.

Mme de cleves rencontre avec nemours

Les regards sont entièrement portés sur eux et ils retiennent l'attention de tous. Cette rencontre organisée comme un véritable coup de foudre n'est pourtant pas seulement due à eux mais aussi à un autre intervenant qu'est la cour.

Placée sous le signe du destin, la cour favorise cette rencontre. C'est grâce ou à cause de la cour que cette rencontre est devenue inévitable. On notera que leur union se fait très rapidement: Cette rencontre fonctionne comme un jeu pour la cour qui se plaît ensuite à suivre leur danse tout en la commentant. Le romanesque se poursuit dans leurs réflexions que soulève cette danse imprévue: La singularité est ici signe d'élection.

La cour va également dévoiler les mystères et les identités de chacun tout en perçant l'intimité de chacun des deux protagonistes. Cet embarras souligné par le texte montre déjà qu'elle est intéressée par cet homme. Mais la Princesse perçoit le danger et refuse de plier aux questions de la Dauphine car la cour attise les passions mais les condamne en même temps. Mais surtout elle condamne les femmes. La cour joue donc un rôle décisif dans la rencontre entre les deux protagonistes. Sans elle, leur amour ne serait peut-être pas né. Tout ce qui entoure la Princesse de Clèves et le Duc de Nemours participent à la naissance de leur passion réciproque.

L'environnement, leur beauté remarquée de tous et l'union entreprise par la famille royale rapprochent inévitablement ce couple qui ne peut que tomber amoureux.

Nous allons à présent analyser la manière dont la narratrice construit ce coup de foudre. II Un des premiers coups de foudre de la littérature française le premier étant celui d'Erec et Enide. Le regard est prédominant et traverse cet extrait. L'amour naît uniquement de cet échange, échange qui ne passe que par la vue car dans cette scène les deux futurs amants amants signifie amoureux au XVIIème siècle ne se parlent à aucun moment. La narratrice utilise presque les mêmes termes pour qualifier le Duc et la Princesse ce qui montre leur parfaite adéquation, également mimée par le nombre de phrases égales accordées à l'un et à l'autre.

Le rapprochement qui s'opère, l'amour qui naît ne passe que par le regard. Ils ne se parlent à aucun moment même dans le dialogue final, ils ne se disent rien et la communication est réduite un échange d'impressions passant par la vue.

La rencontre au bal

C'est ce qui donne un caractère sensuel à cette scène, caractère sensuel que l'on peut aussi percevoir dans le rapprochement des corps. Bien que le rapprochement des deux êtres ne soit pas de leur fait, leur réunion charnelle dans la danse évoque la sensualité. Il n'y a aucun échange verbal intime. Seuls la danse et les regards les lient. Nous, lecteurs sentons cette vive tension qui anime leurs coeurs.

La Princesse et le Duc agissent malgré eux comme s'il était impossible de faire autrement. Le nombre important des tournures négatives marquent leur perte de moyen face à l'autre: La première tournure qui est une négation restrictive exclut dans la pensée de la Princesse que l'homme qui vient d'arriver au bal soit quelqu'un d'autre que le Duc, comme si elle l'attendait.

Cette exclusion marque déjà l'élection du Duc dans son coeur. La seconde tournure négative montre que la Princesse fournit de véritables efforts pour combattre la surprise, l'action inattendue que provoque le Duc sur elle. Le sémantisme du verbe révèle la puissance de la passion qui l'a saisi de façon violente. Cette union irrésistible contre laquelle il est difficile de lutter est également suggérer dans l'alternance des points de vue. Au début de la scène le point de vue adopté est celui de la Princesse, puis c'est celui du Duc et enfin, celui des Rois et des Reines. La scène est brillamment construite par la narratrice qui en alternant différents points de vue sur la rencontre révèle l'écart, le décalage entre les actes et les paroles de la Princesse qui prétend ne pas avoir reconnu le Duc: Les points de vue permettent de mettre au jour les contradictions de la Princesse qui ment pour ne pas être découverte alors que le Duc adopte la sincérité.

La passion est naissante chez les deux personnages mais elle se manifeste différemment. C'est le dialogue qui fait éclater l'opposition du couple. Leur psychologie est dévoilée et indique deux destinées.

DISSERTITIONS POPULAIRES

Les deux réponses à l'amour font naître en même temps que la passion le drame d'une amour qui ne se réalisera pas. Le discours que tient le Duc est un discours de courtisan habile, habitué aux pratiques de la cour: Cette réplique qui favorise l'énigme joue le jeu de la discussion de salon. Sincère, le Duc détourne habilement le questionnement, désamorce le piège de la Dauphine qui veut que cette discussion soit un aveu en assumant l'admiration qu'il a pour la Princesse, qui elle refuse de dire la vérité.

La Princesse commet deux erreurs fondamentales. Tout d'abord, elle manifeste une gêne face au questionnement de la Dauphine. L'indice de sa confusion est donné par la narratrice: